Cave de Gallargues 

 Situé en lisière des collines, dominant une plaine fertile arrosée par le Vidourle, le territoire de Gallargues, lieu de passage proche du littoral méditerranéen, est occupé depuis les temps préhistoriques.

Dès l’antiquité, le tracé de la voie Domitienne, reliant Rome à l’Espagne, traversait notre commune et franchissait le Vidourle sur un pont majestueux daté du premier siècle après Jésus Christ, dont les restes toujours visibles ont été peints par Courbet au XIXe  siècle.

La proximité du relais routier de l’oppidum d’Ambrussum et la fertilité des terres ont certainement facilité l’implantation du premier embryon de notre village au pied de la colline dans le quartier de la Vièle.

En 1027, une agglomération s’étant développée, Rostaing, seigneur du château de Gallargues, y signait l’acte de fondation d’un couvent de moniales dont sa fille allait être une des toutes premières abbesses.

Au XIIe siècle fut construite la belle église Saint-Martin sur l’emplacement d’un cimetière qui existait déjà au VIIIe siècle. Plusieurs fois ruinée par les conflits religieux des XVIe et  XVIIe siècles, elle a été récemment restaurée et mise en valeur.

Pendant tout le Moyen-âge, Gallargues a été une étape appréciée des pèlerins pour Compostelle empruntant l’itinéraire dit d’Arles. C’est toujours le cas aujourd’hui où leur accueil est assuré par la commune.

Au XIII e  siècle, Gallargues qui faisait jusqu’alors partie de la baronnie de Lunel, fut rattaché au domaine royal. De cette époque date la « Tour Royale » ainsi que les franchises données par Philippe le Bel permettant aux Gallarguois de choisir librement leurs consuls.

Au sommet cette tour, un mécanisme du télégraphe optique Chappe a été reconstitué et remis en fonction comme au XIXe siècle.

C’est pendant la guerre de Cent ans que le village fut pourvu de fortifications complémentaires de celles du château. Les murailles,  dont on peut encore observer le tracés, étaient longues de 600 mètres, hautes de 5 à 6 mètres et épaisses de 1, 20 mètre. Elles étaient percées de trois portes.

A la fin du XIVe  siècle  l’importance du village était notable puisqu’il comptait 30 feux fiscaux. C’est de cette même époque que date la belle demeure médiévale qualifiée traditionnellement d’ »Hôpital des Pauvres » par les vieux Gallarguois. Récemment classé et restauré, ce bel immeuble fait partie des nombreux édifices anciens que le promeneur peut contempler à l’occasion de ces flâneries estivales.

Le bouleversement des idées, initié par la Réforme, au milieu du XVIe siècle vit adhérer massivement les Gallarguois au Protestantisme. Hélas, à cette occasion, les troubles qui agitèrent tout le royaume n’épargnèrent pas notre village qui fut assiégés deux fois  en 1575 et 1628. Ce dernier siège et le passage continu des troupes pendant plus d’un demi siècle causèrent de nombreuses destructions.

Les Gallarguois ne se laissèrent  pas abattre pour autant. Leur riche terroir aux récoltes de blés importantes y fut pour beaucoup. Cependant, dès le XVIIIe siècle la vigne prit une place de plus en plus importante et nos vins régulièrement primés sont toujours appréciés en France et dans de nombreux pays. C’est à la vigne dont l’apogée se situe au XIXe  siècle avec l’arrivée du chemin de fer, que l’on doit le développement d’une architecture particulière représentée par les grandes et belles  « maisons vigneronnes » visibles dans la périphérie du vieux village.

A cette même époque, la production d’huile d’olives, la tonnellerie et la production d’eau de vie contribuaient également à la prospérité de notre commune. Une manufacture d’étoffes imprimées, les « indiennes », fonctionna quelques temps.

Une activité moins rémunératrice mais tout à fait originale et représentant une ressource d’appoint pour les moins favorisés existait depuis le dix-septième siècle au moins. Il s’agit de la fabrication d’une teinture particulière obtenue à partir du suc d’une plante, la maurelle, chrosophora tinctoria, exportée jusqu’en Hollande sous forme de drapeaux pour colorer la croûte des fromages.

Tout au sommet de la colline, le promeneur sera intrigué par un grand édifice entouré de pins majestueux. C’est le temple protestant, construit au XIX e siècle sur les restes de la belle demeure des derniers seigneurs du village, les Rochemore.

De nos jours, la population de Gallargues atteint les 3500 habitants.

Du haut de ses 60 mètres d’altitude, à 20 kilomètres de la mer, le village domine la plaine, bénéficiant d’un climat agréable.

Situé en limite de la petite Camargue, c’est un lieu important des traditions liées à la course camarguaise. Les amateurs régionaux et les touristes peuvent apprécier toute l’année les manifestations organisées par le Comité des Fêtes et le club taurin.

Les infrastructures artisanales réalisées ont permis de conserver une population industrieuse employée sur place ou dans les métropoles voisines de Nîmes et Montpellier.

En sortie immédiate de l’autoroute A9, la proximité des plages et du piedmont cévenol alliée à une grande capacité d’accueil en hôtel, restaurants et camping, assure à Gallargues une bonne fréquentation touristique.

Texte rédigé par Bernard ATGER

 

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